Panthères du Gabon : Thierry Mouyouma brise le silence et met en cause Paul Ulrich Kessany Photo : Droits réservés/GabomaInfo
L’heure des règlements de comptes semble avoir sonné autour du fiasco des Panthères à la CAN 2025. Mis à l’écart après l’élimination prématurée du Gabon, Thierry Mouyouma est sorti du silence ce 26 mai dans un entretien accordé à Dépêches 241 . L’ancien sélectionneur national y livre sa version des faits et pointe directement le rôle joué, selon lui, par Paul Ulrich Kessany, aujourd’hui ministre des Sports, dans la dégradation de l’environnement autour de l’équipe nationale.
Dans cette prise de parole très attendue, l’ancien patron du banc gabonais évoque une préparation minée par des tensions internes, des suspicions et des luttes d’influence. « À un moment, nous passions davantage de temps à gérer des problèmes, des méfiances, des conflits souterrains, qu’à préparer sereinement une Coupe d’Afrique des nations. L’environnement était devenu exécrable, invivable » , a-t-il confié, décrivant un climat qu’il juge incompatible avec les exigences d’une compétition continentale.
Un climat interne devenu ingérable
Pour Thierry Mouyouma, l’échec des Panthères ne peut donc pas être réduit aux seuls résultats sportifs. Le Gabon avait quitté la CAN 2025 sur un bilan catastrophique de trois défaites en trois matchs, dans un contexte déjà marqué par des critiques sur la préparation, la logistique et l’organisation autour de la sélection.
L’ancien sélectionneur affirme désormais que le groupe a été fragilisé de l’intérieur. Selon lui, les joueurs et le staff ont évolué dans un environnement lourd, parasité par des tensions qui auraient fini par prendre le dessus sur le travail de terrain. Cette sortie médiatique donne ainsi une lecture plus politique et administrative du naufrage gabonais.
Kessany directement mis en cause
Au cœur de ses accusations, Thierry Mouyouma cite Paul Ulrich Kessany, alors conseiller spécial auprès du président Brice Clotaire Oligui Nguema au moment des faits. L’ancien sélectionneur estime que ce dernier aurait joué un rôle déterminant dans la détérioration du climat autour des Panthères. « Il a joué un rôle central autour de cette détérioration du climat autour de l’équipe nationale. Il était dans une logique de victoire personnelle. Certains combats personnels avaient pris le dessus sur l’intérêt national » , a-t-il déclaré.
Thierry Mouyouma va plus loin en laissant entendre que Paul Ulrich Kessany aurait également pesé dans son départ précipité au lendemain de la CAN. Une affirmation lourde, qui intervient alors que le ministère des Sports et la Fégafoot peinent toujours à officialiser le choix du futur sélectionneur national. En janvier, la page Mouyouma avait été actée après une rencontre avec le ministre des Sports, sur fond de discussions autour des contours juridiques et financiers de la rupture.
Une sortie qui relance les tensions autour des Panthères
Ces déclarations risquent de raviver les fractures au sein du football gabonais. Alors que la sélection est toujours sans sélectionneur officiel, la sortie de Thierry Mouyouma expose au grand jour les désaccords qui auraient entouré la gestion de la CAN et la fin de son mandat. Elle intervient aussi dans un contexte où la short-list transmise pour sa succession continue de susciter débats et blocages.
Reste désormais à savoir si Paul Ulrich Kessany répondra publiquement à ces accusations. Pour l’heure, Thierry Mouyouma a livré sa part de vérité, mais le dossier est loin d’être refermé. Entre exigences de résultats, responsabilité institutionnelle et guerre d’influence autour des Panthères, cette nouvelle séquence confirme une chose : l’échec de la CAN 2025 continue de hanter le football gabonais.